Autofictions, journaux intimes, vogue de l’autobiographique et du biographique, les arts et la littérature contemporains sont travaillés par la question de l’intime : ils accomplissent ainsi le paradoxe de proposer à leur public ce qui n’est pas censé être exposé au regard de tous. Sont-ils pour autant les symptômes d’un repli sur soi ou d’un panoptisme généralisé gouvernant la
société ? L’intime peut en réalité être appréhendé autrement,
c’est-à-dire comme le refuge d’une subjectivité face au pouvoir, telle une interruption ou une brèche ouvrant un espace pour
élaborer d’autres possibles, voire des utopies. Cet ouvrage
souhaite interroger, dans le cadre des pratiques artistiques, les
liens susceptibles de se tisser de la sorte entre l’intime et le
politique. A partir d’approches variées et d’exemples précis,
il offre un parcours à travers la création contemporaine,
afin d’envisager dans quelle mesure les arts et la littérature
pourraient constituer des lieux de (re)conquête de l’intime et de sa
potentialité politique.